L’Ardèche, nous ne parlons, pas ici, du département, mais de cette célèbre rivière qui sillonne ses vallées rocheuses… Elle coule sur environ 120 km, du Col de la Chavade, jusqu’au Rhône, elle est la plus grande rivière d’Ardèche. Le Pont d’Arc, les Gorges de l’Ardèche, qui n’a jamais entendu parler de ces vestiges naturels, creusés et façonnés par l’eau, depuis des millions d’années. L’Ardèche du « sud », comme on dit chez nous, c'est à dire l’Ardèche méridionale, c’est surtout un vaste plateau calcaire orné de cades, de buis, de chênes blancs et de chênes verts… Le magnifique canyon naturel des Gorges de l’Ardèche, qui s’étend de Vallon Pont d’Arc à Saint Martin d’Ardèche, contient un vaste réseau souterrain de cavernes, galeries, avens, c’est d’ailleurs, non loin de là que la Grotte Chauvet a été découverte en 1994. Ces Gorges renferment de nombreux trésors, au niveau préhistorique, géologique (calcaire urgonien blanc), mais aussi au niveau de sa faune (cavernicole) et de sa flore (plus de 400 espèces sont répertoriées), c’est pourquoi elles ont été classées Réserve Naturelle en 1980. Le Pont d’Arc vous ouvre les portes de cette Réserve Naturelle qui s’étend sur 30 km…
Depuis très longtemps l'Ardèche est utilisée par l'homme, elle lui permet de pêcher, mais aussi de transporter les produits issus de l'agriculture (entre autre), les Gorges de l'Ardèche constituent alors, une véritable voie de communication naturelle. Ces hommes, ces « bateliers » étaient en fait des paysans, qui, selon la saison, les opportunités pêchaient, transportaient des marchandises, ou même des personnes. Ils partaient pour le plus loin, de Vallon Pont d'Arc et déchargeaient leur marchandise à Saint Martin d'Ardèche, ensuite, la route n'existant pas, les bateliers remontaient les Gorges en tirant leur embarcation de la rive, faisant face au courant et aux rochers. Au milieu du XIXème siècle, quelques bateliers commencèrent à transporter les rares touristes de l'époque. Dans les années 30, pour la première fois, on entreprend d'organiser la descente des Gorges en barque, avec une remontée en voiture. Les bateliers étaient alors de véritables guides pour les touristes, ils connaissaient les moindres courants, les moindres failles et toutes les histoires, les légendes attachés à cette rivière. Mais peu à peu, le canoë et le kayak apparurent sur l'Ardèche et les bateliers disparurent ou presque. c'était sans compter sur l'obstination de certains passionnés et le soutiens des offices de tourisme de Vallon Pont d'Arc et de Ruoms qui tentent de faire revivre la tradition en créant l'Association des Bateliers de l'Ardèche et la Confrérie des Bateliers de l'Ardèche. Ce n'est que vers le milieu du siècle dernier que l'Ardèche et les Gorges commencent a être réellement connues. Quelques rares ardéchois se risquaient à l'époque à descendre les Gorges en canoë, c'était considéré comme un exploit, peu à peu, Suisses et Allemands commencèrent à s'organiser et à faire des excursions en groupes. Le premier camping est apparu sur les rives de l'Ardèche dans les années 50, puis les camps de naturistes ont fait leur apparition, enfin, des loueurs de canoës. Des campings, encore des campings, les années 60, 70, les hippies, l'Ardèche est vite devenu un lieu prisé par la population urbaine. jusqu'à devenir ce qu'elle est aujourd'hui. l'activité principale du sud Ardèche est le tourisme.
L’été, certaines communes multiplient par 5 ou 6 leur population et plus encore.
Mais l’Ardèche ne sera jamais plus belle qu’au printemps, elle s’éveille, elle fleurit, l’eau ruisselle et l’on peut prendre le temps de vivre à son rythme… et peut-être que sur ses rives vous verrez passer un de ces paysans bateliers, qui jadis arpentaient nos rivières.
Les Editions du Chassel
Pour tout savoir sur la descente des Gorges de l'Ardèche,
visitez le site de la Confrérie des Bateliers de l'Ardèche :
www.bateliers.net/